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Masque obligatore

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24 décembre au soir, réveillon de Noël. Des étoiles, des couleurs joyeuses et une écriture enfantine au service d’une norme à laquelle on ne doit pas déroger : est-ce ce une façon de faire passer la rudesse de l’obligation dans un enrobage plus guilleret ? Plus modestement, on peut y voir un effet de la traduction des injonctions juridiques dans une normativité adaptée à l’espace domestique … Le texte juridique en prenant des couleurs a perdu de sa froideur, et un « i » au passage, les masques n’étant ici qu’ « obligatore ». Mais si la traduction l’a rendu plus joyeux, il l’a aussi rendu plus pressant : aucun décret n’oblige à porter le masque à domicile, la pratique n’étant que conseillée dans certains contextes. Et pourtant ici, le conseil est devenu obligation, et le cadre de la soirée rend difficile d’y déroger, sauf peut-être dans certaines coulisses de l’appartement. Est-on alors encore dans la « norme juridique » ou seulement dans la « norme sociale » ? Et faut-il forcément les opposer ?